24H Par . le 01.08.2011 à 15:06 – La vente à domicile séduit de plus en plus de femmes

CONSOMMATION

Malgré le boom des achats via internet, la vente directe vit un succès croissant

Qui a dit que la vente à domicile était ringarde? Bien au contraire, elle n’a jamais autant eu de succès. Fini le temps des réunions de mamies à l’heure du thé. La vente directe fait peau neuve. Loin des performances de vente effectuées par le commerce en ligne, (8,7 milliards de francs en 2010, en Suisse, selon une étude de l’Université de Saint-Gall) elle a tout de même su se moderniser pour toucher un public plus large.

Selon les données dont dispose l’Association suisse pour la vente directe (VDF), le chiffre d’affaires généré par la vente à domicile en 2010 s’élevait à 160 millions de francs, dont plus de 28 millions réalisés en Suisse romande. Elle employait en 2010 environ 5700 collaborateurs dont plus de 1750 basés en deçà de la Sarine.

Au-delà du Tupperware

Contrairement aux idées reçues, la vente directe ne se résume pas aux réunions Tupperware. Même si celles-ci continuent de triompher. Le domaine s’est depuis élargi aux sex toys, aux bougies, aux sacs à main, aux aspirateurs ou aux robots de cuisine.

Marina Bonnet est la créatrice de BonbonRose.ch, un site qui commercialise des jouets sexuels à domicile. Elle organise ce que l’on appelle des réunions fucker-ware. En 2007, elle lance seule son affaire. Face à l’explosion de la demande, elle emploie aujourd’hui 90 vendeuses. «Nous avons fait un chiffre d’affaires de plus de 1,1 million de francs en 2010. Depuis 2007, celui-ci se multiplie chaque année par 2 voire 2,5», précise-t-elle.

Autre grand hit de la vente à domicile, la lingerie. «Economiquement, nous sommes plus avantageux car nous proposons des prix 30 à 40% moins cher qu’en boutique, pour le même rapport qualité-prix», explique Natacha Bruchez, conseillère de vente pour Charlott’Suisse. La marque s’est implantée dans le canton de Vaud en 2005, puis s’est rapidement étendue au reste de la Suisse romande.

Elle compte actuellement 40 conseillères de vente et prévoit d’augmenter son effectif à 60 cette année. «Cela marche de mieux en mieux, témoigne Pierre-Alain Bruchez, directeur chez Charlott’Suisse. Nos recettes sont passées de 717?000?francs en 2009 à 786?000 en 2010 et nous sommes en bonne voie pour battre notre propre record après des ventes à hauteur de 471?000?au premier semestre.»

Une histoire de femmes

«La vente à domicile représente 85% de mon chiffre d’affaires, seuls 15% de mes recettes proviennent du site web», indique Marina Bonnet. Comment expliquer ce succès alors qu’il est si simple de faire ses achats en un clic?

«La vente à domicile est typiquement un business entre femmes. Elles représentent plus de 80% de la clientèle en Suisse», informe Ivan Ingletti de la VDF. Des femmes, essentiellement, qui viennent chercher des conseils et un moment privilégié entre amies sans tabou. «Dans nos sociétés, nous n’avons plus le temps pour se retrouver entre copines. Ces réunions sont l’occasion de le faire dans une ambiance agréable de partage», constate Natacha Bruchez.

90% de ses clients sont des femmes, de tous les âges. «Grâce à la vente directe, les clientes deviennent maîtresses de leurs achats, indique Marina Bonnet, la vendeuse d’objets coquins. Elles s’enrichissent des expériences des autres. Lors d’une réunion j’ai même eu la fille, la mère et la grand-mère.»