Viol masculin, un sujet encore trop tabou

Le viol masculin, impossible ?

Cette semaine, l’article de notre blog est un peu plus sérieux que d’habitude, et j’espère qu’il attirera l’attention sur ce sujet si tabou. En discutant avec des amis ce weekend, je leur ai parlé d’un témoignage que j’ai lu sur le viol masculin. Réaction des premiers concernés ? C’est impossible qu’un homme se fasse violer ! Abuser éventuellement, mais mécaniquement, un homme ne peut pas se faire violer.

Et pourtant, une chose est claire : le viol masculin existe bel et bien ! Il y a évidemment les cas d’abus sexuels pédophiles, que l’on entend malheureusement bien trop souvent. Il y a aussi les cas de viols dans les prisons masculines, qui généralement requièrent une pénétration anale. Et pourtant, certains hommes adultes témoignent avoir été violés par des femmes, parfois avec des rapports sexuels complets. C’est très souvent le cas des viols conjugaux.

Viol masculin

Selon une étude, 3% des hommes dans le monde (enfants ou adultes) ont été victimes de viol, par rapport à 13% des femmes. Mais, cette étude montre aussi que 46% des victimes masculines ont été abusés par des femmes.

Certains hommes osent témoigner, mais les remarques de leurs pairs sont dures et violentes. Pour la majorité des hommes, un homme qui a une érection est forcément consentant.  Voilà un commentaire typique trouvé en ligne: « Si vous bandez, c’est que vous avez envie. Si une moche corpulente vous plaque au sol et que vous réussissez à avoir un rapport jusqu’au bout, c’est que finalement ce n’était pas si terrible, vous avez quand même apprécié. Vous ne ferez croire le contraire à personne, faut arrêter… » Hé ben, autant d’agressivité en un commentaire, pas étonnant que si peu d’hommes osent témoigner 🙁

Viol masculin

Témoignage d’hommes

Martine Nisse, thérapeute, explique que l’érection est un réflexe, et n’est pas toujours lié au désir et à l’excitation. C’est d’ailleurs la même chose dans le viol féminin. Il est possible qu’une femme qui se fasse violer sécrète de la cyprine, bien qu’elle n’apprécie pas l’acte. On ne le niera pas – cette femme aura bien été violée. Il faut comprendre que les symptômes physiologiques associés à l’excitation n’indique pas forcément une excitation, et encore moins un consentement. On le voit très bien par exemple dans le cas de l’érection nocturne chez l’homme.

C’est dans ce contexte qu’est née l’expression  la «contrainte à pénétrer». Cette expression inclut des hommes ayant été forcés à pénétrer quelqu’un, sous la menace, ou lorsqu’ils étaient ivres, drogués, incapables d’exprimer leur consentement. Le témoignage de Charles sur Vice fait partie de ce dernier cas. Après avoir été drogué au Rohypnol, une femme a abusé de lui. Alors qu’il oscillait entre conscience et inconscience, ils ont eu des rapports sexuels. Le lendemain matin, il n’était pas sûr qu’il y ait eu pénétration – ou s’il était seulement capable d’avoir une érection en étant drogué. La femme a bien confirmé que oui.

 

Pour conclure, le sujet commence à se développer dans les pays nordiques (toujours en avance ceux-là ;-). Stockholm vient d’ouvrir sa première clinique pour hommes victimes de viols.

 

Julianne de BonbonRose Julianne

 

Sources:

http://rue89.nouvelobs.com/2014/05/11/viol-hommes-tabou-tabous-maintenir-lordre-social-252084

http://www.slate.fr/story/90153/hommes-viol

http://www.huffingtonpost.fr/2013/09/25/victimes-viol-hommes-expriment-projet-unbreakable_n_3987619.html